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Syb (Sylvie Gueulle)

Une mouche...

 

Ni verte, ni bleue. Mi-verte, mi-bleue. Elle était là toute desséchée, friable comme une miette de vieux biscuit. Elle avait dû passer tout l’hiver dans ma boîte à pharmacie. Une boîte à pharmacie comme cercueil… Je pris le cadavre de l’animal avec délicatesse pour qu’il reste intact et hop ! par la fenêtre pour un dernier vol…

Toute la journée, un bourdonnement — obsessionnel — m’a hanté :

 

« Dans mon armoire à pharmacie,
la mouche d'hiver
est morte de vieillesse (1). »

 

(1) Haïku de Jack KEROUAC, traduit en français par Bertrand AGOSTINI dans Le Livre des haïkus.

 

Prose de Syb.

Aux amoureux des vaches

 

Toutes. Elles sont toutes là. Les pattes dans la boue, droites dans leurs bottes, fidèles au poste dans le paysage. On dirait un tableau d’Eugène BOUDIN à l’état brut. Et leur tête ? Quand elles ne broutent pas, elles semblent inhaler – ou humer – une fumée mystérieuse venue de nulle part. D’un coup, comme prises par une douce folie, elles se mettent à gambader, puis s’arrêtent net. Est-ce la magie de ce nuage ? Des effluves imperceptibles pour les humains ? Peu importe...

​

les pattes sur la terre

la tête dans la brume —

des vaches normandes (1)

 

(1) Le haïku seul est paru dans le numéro d’octobre 2026 de la revue mensuelle « fou des haïkus » : fousdeshaikus.blogspot.com

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