
Olivier D'hooghe propose:
-Ce n'est
-Blasphème
-Psaume d'offence
Olivier D'hooghe, 60 ans bientôt
Je suis informaticien depuis presque 40 ans
Féru d'Histoire et de petites histoires
Je ne me considère pas comme un poète mais comme une personne qui aime jouer avec les mots et qui essaie de présenter via un format court, une situation ou une histoire.
Je sais être compliqué dans les images que j'utilise. Je pense que vous aurez rapidement cet aperçu.
J'écris aussi des nouvelles, des contes, des petits romans ou des essais et quelques fois des billets d'humeur.
Je me rappelle une chanson où l'artiste précisait que "L'essentiel est d'aimer"
Je vais donc corriger en apportant ma définition personnelle "L'essentiel est d'écrire"
J'ai sorti 6 livres (5 Recueils et 1 conte de Noël) chez Edilivre mais il n'y a plus d'exemplaires maintenant (ou peut-être sur la FNAC et Amazon)
Et je travaille sur deux autres livres en ce moment qui seront prêts quand j'aurais fini de procrastiner
Je considère la poésie comme un tableau à décrire ou une scène de cinéma à inventer.
Je suis assez adepte d'une construction élaborée dans mes textes, souvent basée sur des doubles rimes croisées
Je suis sur le site La Passion des Poèmes et j'ai fait partie du site Ipagination. Sur ces deux sites, j'ai eu des textes utilisés pour les recueils de l'année.
J'ai aussi fait partie de l'exposition des poèmes sur l'enfance à la Colline aux Oiseaux (Caen)

Ce n'est ….
Ce ne sont que des allées bien alignées, bien au carré.
Les premières sont celles des vieilles pierres moussues,
Qui se content des histoires de vieux cailloux,
Blanches et vertes, de guingois, juste des statues
Ayant vécu un malheur, ne restant plus debout.
Elles se regardent en chien de granit, hochent du menton,
Vont se cacher derrière le calvaire de voir la vie en marche.
Leur aspect se confond dans le paysage, auprès d'une maison,
Celle qui a vu leur enfance, faire d'eux des patriarches.
Puis viennent les allées des combatifs qui ont perdu leur haine.
Le temps les a aidés en cela. Ils ne se racontent plus rien,
Se terrent dans leur ancienne peur, leur ancienne peine.
La même qui a vu des mômes devenir des capitaines de chagrin.
Leur demeure est un mausolée encerclé de chaînes.
On ne sait jamais, quelqu'un pourrait voler leurs babioles,
Accrochées à un poitrail expirant cette haleine,
D'être resté vivant pour retrouver des campagnes folles.
Et voici le carré des nonnes psalmodiant les derniers versets.
Elles se sont mariées et n'ont connu qu'un seul être.
Ce dieu a fait d'elles des reines à défaut de saintes sacrées.
Leur vie à inculquer des principes sans en connaître les préceptes,
Donne une douce galéjade que leur réunion a glorifiée.
Elles ont fait un vœu, celui de vivre pour les autres.
Leur bâtisse n'est construite que sur une terre isolée.
Mais est-ce si grave, devant elles, la lumière blanche se vautre.
L'avenue des enfants se couvre des rires disparus,
Les noms chantent les comptines qui ont émerveillé,
Mais l'effroi des années donne l'envie de refermer le début
Quand la jeunesse disparaît et que les parents commencent à pleurer.
Nos galopins se sont endormis en des rêves de nuits,
Celles qui sont venues les accueillir pour mieux les aimer,
Un amour plus fort que tout, qui fera éviter les soucis,
A ces marmots se noyant dans les soupirs que chacun pourra donner.
Et voici la rue des nouveaux, ils viennent d'emménager.
Ils sont heureux, ils ont compris que le repos réside maintenant.
Alors, de jolies fleurs viennent fleurir leur maisonnée.
Des fleurs jaunes, blanches, rouges qui reviennent tous les ans.
Pas de mousse, ici. Tout est neuf, bien entretenu, bien huilé.
Les petits jeunes du quartier sont passés craintifs devant les anciens.
Mais, ils ont été vite acceptés. C'est un peu normal, la vie est désirée.
Et la mort ne fait pas de différence. Ce n'est pas son dessein.
Ce ne sont que des tombes, des stèles bien alignées, Ce n'est qu'un cimetière.
Blasphème
Le sombre se sent bien, au chaud dans ton esprit.
Il dicte tes envies, chaque jour, plus malin,
N'offrant aucun répit, avivant ton chagrin.
Le gris égaie ton teint quand s'écroule ta vie.
Le noir se porte bien, il s'éloigne du deuil.
Et toi, tu restes seul, un peu plus chaque matin.
Au froid dans ton linceul, tu deviens inhumain.
Ton gris devient certain, ton charme s'effeuille.
L'obscurité sourit, ton bonheur disparaît.
Lentement, sans pitié, tu deviens appauvri.
S'envolent tes pensées, reviennent les soucis.
Comment va notre gris, il vient de se saouler.
La nuit ressort ses crocs, vient déchirer ton âme.
Et tes yeux s'enflamment, balbutiant tes sanglots.
D'un rasoir en larmes, viendra un doux repos.
Même ton sang est beau, aigri de ce drame.
Les ténèbres t'aiment, elles viennent t'embrasser.
La haine s'est immiscée, ton dégoût se traine.
Se répand l'encrier d'un sang de blasphème.
Le gris se déchaîne, devient un meurtrier.
Psaume d'offense
Sens-tu un brin de vie dans ces catacombes,
Un hospice sombre où cessent tes envies.
La fin des esbroufes viendra tuer ton vent,
Ce délicieux tourment altéré d'un souffle.
Vois-tu cette lumière, ce flambeau endormi,
Du trépas des soucis souillant des prières.
Elle en est la lueur, le décès de l'espoir.
À force d'y croire, nous serons en pleurs.
Allons ronger nos os, la chair est faisandée.
Des relents de pitié guideront nos naseaux.
Et tels des vautours gourmets en charogne,
Cessons la besogne à l'orée de ce jour.
Achevons les sens de notre interdit,
Par ce chant inédit, un psaume d'offense,
Envers des fidèles, fervents adorateurs
Qui ont fait de la peur, leur vision du ciel.